A Avignon, le procès du jeune dealer soupçonné du meurtre d’un policier: Retour sur les Faits et les Accusations

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Le 5 mai 2021, le policier Éric Masson a tragiquement perdu la vie, atteint d'une balle à la poitrine lors d'un contrôle dans un point de trafic de drogue à Avignon. Le principal suspect, le jeune dealer Ilias Akoudad, comparaît devant la cour d’assises du Vaucluse depuis ce lundi 19 février jusqu'au 1er mars.

Ce meurtre a profondément choqué la France. Depuis ce lundi et jusqu'au 1er mars, se tient aux Assises du Vaucluse le procès d'Ilias Akoudad, 22 ans, accusé d'avoir abattu par balles le policier Éric Masson lors d'une intervention en mai 2021 à Avignon, rapporte CNEWS et France Bleu.

Jusqu'à présent, le prévenu a toujours clamé son innocence, niant catégoriquement avoir tiré sur Éric Masson et affirmant ne pas avoir été présent sur les lieux du crime.

Toutefois, l'accusation dispose de nombreuses preuves suggérant la culpabilité d'Ilias Akoudad. Parmi celles-ci, le résultat balistique mettant en évidence des résidus de tir similaires retrouvés sur une douille et les vêtements du prévenu.

Les jours qui ont suivi…

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est rendu à Avignon le jour même pour rendre hommage à Éric Masson, soulignant que "la lutte contre les trafics de stupéfiants s'apparente à une guerre, menée grâce à des soldats, les policiers et gendarmes de France. Aujourd'hui, l'un de ces soldats est mort en héros." Le tireur présumé et son complice sont toujours activement recherchés le lendemain, le 6 mai.

Le samedi 8 mai, à Bédarrides (Vaucluse), village où résidait Éric Masson, un hommage lui a été rendu, suivi d'un rassemblement à Avignon le dimanche, réunissant des milliers de personnes. Le mardi 11 mai, un hommage national s'est déroulé devant la préfecture du Vaucluse, toujours à Avignon, présidé par le Premier ministre Jean Castex.

Les funérailles d'Éric Masson ont eu lieu le lendemain à Bédarrides. Plus de deux semaines après le décès du policier, les dons continuent d'affluer en soutien à sa famille, les deux principales cagnottes ayant déjà recueilli près de 150 000 euros.

Interpellation de trois suspects

Les enquêtes ont rapidement permis d'identifier les deux suspects présents sur les lieux, Ilias Akoudad, le présumé tireur, et Ayoub Abdi. Ils se sont retranchés à la Coupo santo, dans la cave d'une habitation servant également de point de vente de produits illicites. Leur intention était de fuir à l'étranger. Le 9 mai, les deux suspects ont été arrêtés à bord d'une Renault Kangoo au péage de Remoulins (Gard), en direction de Nîmes puis de la frontière espagnole.

Une perquisition a également été menée chez Ismaël Boujti, le propriétaire de la cave. Il a reconnu avoir hébergé Ilias Akoudad et Ayoub Abdi chaque soir depuis le début du ramadan, y compris après les faits. Il nie toute implication dans les activités criminelles des deux individus.

Mises en examen de trois suspects

Dès les premiers interrogatoires, les comportements des deux suspects interpellés ont divergé. Ayoub Abdi a admis sa présence sur les lieux au moment des faits et a identifié Ilias Akoudad comme l'auteur des tirs. Âgé d'une vingtaine d'années, il a été mis en examen pour "recel de malfaiteurs et non-assistance à personne en danger". Il a été placé en détention provisoire le 11 mai 2021, puis remis en liberté le 13 septembre 2021, la prolongation de sa détention provisoire n'étant pas légale.

Ilias Akoudad, malgré ses dénégations, a été identifié par un collègue d'Éric Masson et des résidus de tir similaires à ceux retrouvés sur la scène de crime ont été découverts sur sa veste. Il a été mis en examen pour "meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique (Éric Masson)" et "tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique (son collègue policier Romain Reynes)". Ilias Akoudad a été incarcéré le 11 mai. Il a refusé de participer ou même d'assister à la reconstitution, arguant de son absence sur les lieux.

Enfin, Ismaël Boujti a été mis en examen pour "recel de malfaiteurs".

Trois accusés devant la cour d'assises

Le parquet estime qu'Ilias Akoudad savait qu'Éric Masson était policier, et a retenu cette circonstance aggravante de "meurtre et tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique", exposant le prévenu à la réclusion à perpétuité.

Le parquet a également demandé que Abdi Ayoub et Ismaël Boujti soient jugés pour "soustraction d'un criminel à l'arrestation ou aux recherches". L'accusation de non-assistance à personne en danger n'a pas été retenue contre Abdi Ayoub.

Le procès se déroule du 19 février au 1er mars 2024 devant la cour d'assises du Vaucluse.

Avec CNEWS - France Bleu

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